Problèmes posés à l’amélioration des activités du club francophone le cas de la faculté des shs de l’université de can tho

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UNIVERSITE DE CAN THO FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES Département de français Problèmes posés à l’amélioration des activités du Club francophone : Le cas de la Faculté des SHS de l’Université de Can Tho Mémoire de Licence de Français Étudiante : TRAN Trang Thanh Nha Directeur de recherche : Promotion : 36 M. LU Quoc Vinh Code d’étudiant : 7106898 Avril 2014 REMERCIEMENTS  J'aimerais remercier spécialement M. LU Quoc Vinh, mon directeur de recherche, qui m'a soutenue, encouragée et donné des conseils précieux tout au long de ce travail. Je tiens à remercier Mlle. Camille PICHON et Mlle. NGUYEN Ngoc Phuong Thao de leur disponibilité, leurs suggestions et informations précieuses. Je tiens à adresser les sentiments les meilleurs à M. DIEP Kien Vu, mon professeur responsable, qui m’a accompagnée tout au long de quatre années d’études universitaires. Je remercie également tous les étudiants du Département de Français de la Faculté des Sciences humaines et sociales de leur participation à mon enquête. Enfin, un grand merci à ma famille ainsi qu'à mes meilleurs amis pour leur soutien et leur encouragement. 1 INTRODUCTION  L'enfant qui ne joue pas n'est pas un enfant, mais l'homme qui ne joue pas a perdu à jamais l'enfant qui vivait en lui et qui lui manquera beaucoup. (Neruda P., 1987) Fondée en 2009, la Faculté des sciences humaines et sociales est l’une de jeunes unités de formation à l’Université de Can Tho. Elle se compose de six départements suivants : - le Département de français ; - le Département d’anglais ; - le Département de sociologie ; - le Département des lettres ; - le Département de géographie-histoire-tourisme ; - le Département de bibliothéconomie et de sciences de l'information. Dès les premiers jours de la fondation de l’établissement, les responsables et les enseignants se sont beaucoup intéressés aux activités d’enseignement-apprentissage comme un axe en priorité. Ils ont également organisé plusieurs activités extra-universitaires, dont les séminaires d’études, les circuits avec des bénévoles ou stagiaires étrangers et les tournois de football. Particulièrement, ils ont encouragé la création des clubs d’apprentissage, car ceux-ci sont des milieux significatifs favorisant les activités de formation des étudiants. 2 Au cours de sa participation à des clubs, chaque étudiant aurait la possibilité de compléter ce qu’il n’a jamais appris en classe. En outre, il partagerait à autrui des connaissances acquises, des difficultés rencontrées, même des expériences qu’il a vécues durant son parcours de formation. Autrement dit, les clubs permettraient à tout participant de se perfectionner. Chaque Département, en fonction de sa spécialité de formation, assure lui-même l’organisation et le fonctionnement de son propre club. Depuis trois années, sous la direction des clubs, plusieurs activités ont été effectuées, parmi lesquelles, le concours d’éloquence, les séances de discussion thématique, le voyage culturel du club anglophone ont beaucoup attiré la participation des étudiants venant de différentes Facultés. Le Club francophone, de son côté, a également organisé des activités concrètes telles que le concours de photo, le tournoi de sport francophone et le concours d’éloquence en français. De plus, les séances de discussion thématique sont périodiquement réalisées une fois par mois avec la participation des invités francophones, dont les stagiaires et jeunes bénévoles français. Lors de discussions et de soirées interculturelles, à côté du programme principal, d’autres activités appelées ludiques sont également introduites, tout comme les mots mystères, les charades, les chansons, etc. visant à animer l’ambiance, et à stimuler la participation des membres. Étudiant le rôle des activités ludiques utilisées au sein des établissements éducatifs, H. Le Roy souligne : « Les jeux sont un outil très puissant, car ils enlèvent l'attention du processus didactique même, et permettent un investissement autrement plus rentable » (Le Roy H., 1996 : 1). Quant à C. Renard, il conçoit : « Le jeu fait partie de nos vies. Il nous autorise, pour un temps, à sortir de « l’ici, maintenant », d’expérimenter, d’imaginer, de créer, de tester notre capacité à résoudre des problèmes nouveaux, […] » (Renard C., 2008 :1). 3 En effet, les jeux facilitent une véritable intégration des connaissances professionnelles, culturelles et sociales, ce afin d’aider les étudiants à consolider les savoirs appris et à assimiler de nouvelles connaissances. G. Brougère nous a dit en ces termes : « Le jeu ne renvoie pas à une simple atmosphère ludique, à l’amusement ou au plaisir, il s’agit bien d’un cadre spécifique de l’expérience humaine, d’une forme sociale » (Brougère G., 2010 : 46). En tant qu’étudiante de français à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université de Can Tho, nous avons souvent participé au Club francophone depuis trois années. Selon notre observation, le fonctionnement du Club laisse encore à désirer : - l’effectif des participants reste encore modeste ; - plusieurs étudiants sont indifférents aux activités du club ; - les séances de discussion thématique sont moins qualifiées ; - l’organisation du club reste encore formaliste ; Partant de nos propres préoccupations, de nos constats de terrain, et dans le cadre d’un mémoire de licence, nous aimerions mener une recherche portant sur l’amélioration des activités du Club francophone à la Faculté des SHS, de l’Université de Can Tho. Nos questions de départ sont formulées comme suit : 1. Quelles sont les difficultés qu’a rencontrées le Club francophone ? Quelles sont les causes qui sont à l'origine de ces difficultés ? 2. Que devrions-nous faire pour réduire ces difficultés et améliorer efficacement les activités du Club francophone ? Notre mémoire de licence a donc pour titre : « Problèmes posés à l’amélioration des activités du Club francophone : Le cas de la Faculté des SHS de l’Université de Can Tho ». 4 Notre mémoire de licence se compose de trois chapitres, dont le premier chapitre sera consacré au cadre contextuel. Nous présenterons brièvement le Département de français, le Club francophone et son fonctionnement depuis ces dernières années. Le deuxième chapitre sera destiné au cadre théorique. Dans cette partie, nous aborderons d’abord les différents concepts des activités ludiques tout comme les définitions, les caractéristiques, la typologie et critères. Nous présenterons ensuite la méthode d’organisation des activités ludiques. Nous terminerons par la motivation des étudiants. Nous espérons que ce qui sera formulé dans ce chapitre nous aidera à élucider notre problématique. A partir du cadre conceptuel, nous continuerons notre travail dans le troisième chapitre en présentant la méthodologie de recherche, le choix de l’échantillon et le mode de recueil des données. Nous présenterons ensuite notre analyse du terrain. Nous commencerons par l’interprétation des résultats de notre enquête. Nous appuyant sur les données recueillies (enquête par questionnaires avec les personnes concernées), nous procéderons à l’analyse des obstacles apparus lors de fonctionnement du Club. Nous tenterons également d’apporter des éléments de réflexion personnelle sur le sujet traité. Nous terminerons enfin notre étude en avançant certaines propositions de remédiation permettant, espérons-nous, d’améliorer le fonctionnement du Club francophone à la Faculté des sciences humaines et sociales. 5 Chapitre 1 : CADRE CONTEXTUEL Dans ce chapitre, nous présenterons d’abord le Département de français. Nous parlerons ensuite du Club francophone et de ses activités. Nous aborderons enfin les avantages et inconvénients rencontrés du Club au cours de son fonctionnement. 1.1. PRESENTATION GENERALE DU DEPARTEMENT DE FRANÇAIS 1.1.1. Période de la fondation Dès les premiers jours de la fondation en 2009, le Département de français accueillait 35 étudiants en LEA (Langue étrangère appliquée). Jusqu’en décembre 2013, il en a possédé environ 2591. 1.1.2. Corps enseignant En ce qui concerne le corps enseignant, le Département de français possède actuellement 9 enseignants, dont un docteur, deux doctorants, deux masters, une masterante, et trois diplômés de licence. 1.1.3. Objectifs généraux Le Département de français offre une formation de LEA. Ses objectifs généraux sont de transmettre des connaissances fondamentales dans chaque discipline, de développer chez l'étudiant la capacité de compréhension, d'analyse et de synthèse, notamment la capacité de 1 D’après le rapport du Directeur du Département de français en date du 6 octobre 2013. 6 communication en milieu professionnel, tant sur le plan de l'oral (négociation/information) que sur le plan de l'écrit (aptitude à rédiger des notes de synthèse, des rapports, et mémoires), et de rendre l’étudiant polyvalent et autonome, capable de travailler en équipe. De même, le Département de français est également chargé des cours de français général destinés aux étudiants d’autres unités de formation à l’Université de Cantho, dont l’effectif annuel est d’environ 800 étudiants. 1.1.4. Activités principales Le Département de français vise à donner une formation solide de français aux étudiants en LEA et des cours de français général aux étudiants issus d’autres Facultés à l’Université de Cantho. A côté de ses tâches, le Département de français organise également d’autres activités qui attirent la participation dynamique des bénévoles, des stagiaires natifs et étudiants. L’objectif essentiel est d’aider les étudiants à améliorer leurs compétences et à découvrir la France. 1.2. PRESENTATION DU CLUB FRANCOPHONE 1.2.1. Présentation générale du Club francophone Fondé en 2009, le Club francophone a pour finalité d’aider les étudiants à perfectionner leur français en milieu francophone. Grâce à lui, chaque individu pourrait consolider les savoirs appris en classe, acquérir les nouvelles connaissances sur la culture, la civilisation française et la vie étudiante, ce qui lui permet de mieux comprendre la France. Sous la direction d’un enseignant responsable, le Club est organisé et réunit des étudiants membres actifs et dynamiques. Selon leur intérêt et compétences, ces derniers s’occupent de différentes tâches, dont le contenu, les techniques et les logistiques (décoration et publicité). Il y a trois équipes de cinq étudiants. 7 1.2.2. Activités du Club francophone Depuis ces dernières années, le Club francophone a organisé beaucoup d’activités remarquables. Nous présentons ci-dessous le tableau récapitulatif des activités effectuées pendant quatre années, à partir d’août 2010 jusqu’à décembre 2013 : Août 2010 – Mai 2011 Septembre 2010 Concours de logo pour le Club Francophone Août 2011 – Mai 2012 Concours de cartes en célébration de la fête des enseignants vietnamiens le 20 novembre Novembre 2011 Soirée culturelle et Tournoi de sport en célébration du 50e anniversaire de l’AUF Décembre 2011 Concours d’éloquence en français Août 2012 – Mai 2013 Concours de fleurs en papiers Novembre 2012 Exposé-débat : Les villes les plus attractives de France Concours d’éloquence en français Décembre 2012 Exposé-débat : Comment fêter le Noël ? Exposé-débat : Le Têt traditionnel au Vietnam Exposé-débat : Poisson d’avril Avril 2013 Août 2013 – Décembre 2013 Exposé-débat : Fête du Mi- automne Août 2013 Concours de dessert Septembre 2013 Exposé-débat : La gastronomie française Octobre 2013 Novembre 2013 Concours d’interprétation des rôles Concours de cartes en célébration de la fête des enseignants vietnamiens le 20 novembre. Tableau 1 : Liste des activités organisées à partir d’août 2010 à décembre 2013 Observant le tableau susmentionné, nous trouvons qu’un seul événement a été effectué pendant la période août 2010 – mai 2011. À partir d’août 2011 jusqu’en décembre 2013, il y en a eu 14. Ces chiffres montrent que les activités ont considérablement augmenté. D’autre part, elles sont assez variées : les concours, les soirées culturelles, les exposés-débats, etc. 8 La plupart des activités ont été organisées pendant la période de septembre à décembre, où se passent les grandes fêtes telles que Noël, le Nouvel an, le Têt traditionnel. Ces activités s’accordent souvent avec la thématique mensuelle. C’est-à-dire qu’en novembre, il y a la fête des enseignants vietnamiens, le Club organisera une activité appropriée en vue de célébrer cette date particulière. Toutefois, l’organisation étant toujours identique, d’année en année, les activités deviennent médiocres, ce qui ennuie les étudiants. 1.2.3. Effectif des participants Pour avoir l’effectif des participants, nous avons mené une enquête par entretien auprès des responsables du Club francophone. Le tableau cidessous nous donnera les chiffres surprenants : Année Août 2010 – Mai 2011 Août 2011 – Mai 2012 Août 2012 – Mai 2013 Août 2013 – Décembre 2013 Effectif des étudiants Effectif des participants Chiffre % Chiffre % 35 87 167 259 100 100 100 100 30 35 52 60 85,7 40,2 31,1 23,1 Tableau 2 : La statistique des participants du Club francophone et des étudiants du Département de français (août 2010 – décembre 2013) Le tableau 2 nous indique un contraste entre l’effectif des étudiants et celui des participants. Chaque année, le nombre des étudiants de français augmente, ce qui entraîne l’augmentation des participants au Club. Plus précisément, jusqu’en août 2013, l’effectif total des étudiants est de 259 étudiants. L’effectif des participants a également augmenté, de 30 participants en août 2010 à 60 étudiants en décembre 2013. Pourtant, observant le pourcentage des participants de quatre années, nous constatons que ce chiffre a beaucoup diminué, de 85,7% (août 2010 – mai 2011) à 23,1% (décembre 2013). L’inversement proportionnel entre le pourcentage des étudiants et celui des participants nous montre le manque 9 d’intérêt chez une grande partie d’étudiants du Département de français envers la participation au Club francophone. 1.2.4. Avantages et Inconvénients du Club francophone 1.2.4.1. Avantages Au cours de son fonctionnement, le Club francophone a obtenu les avantages suivants : - les soutiens des enseignants, des stagiaires et bénévoles francophones ; - la créativité et le dynamisme de l’équipe d’organisation ; - la participation active des étudiants membres ; - la participation des étudiants issus de différentes facultés ; - les soutiens des responsables du Département relatifs au matériel et dispositifs. 1.2.4.2. Inconvénients A côté des avantages obtenus, le Club a également rencontré les inconvénients suivants : - La plupart des étudiants ne se sont pas intéressés aux activités du Club. L’effectif des participants reste encore modeste. - Les activités sont moins fréquentes : certains mois, il n’y a aucun événement organisé. - Beaucoup d’activités ne suscitent pas l’intérêt des étudiants. - L’organisation des activités reste encore formaliste. - Les étudiants sont passifs : ils restent souvent cois et ne prennent pas volontiers la parole. 10 En conclusion, depuis ces dernières années, le Club francophone a fait des efforts dans l’organisation des activités extra-universitaires, qui vise à améliorer le français des étudiants. Malgré tout, il n’a pas pu éviter des inconvénients, dont le manque d’intérêt et l’indifférence d’une grande partie d’étudiants. Partant de nos propres préoccupations et de nos constats de terrain, nous sommes amenés à nous questionner : 1. Quelles sont les difficultés qu’a rencontrées le Club francophone ? Quelles sont les causes qui sont à l'origine de ces difficultés ? 2. Que devrions-nous faire pour réduire ces difficultés et améliorer efficacement les activités du Club francophone ? Dans le deuxième chapitre, nous présenterons le Cadre théorique, dont les notions, la typologie, la méthode d’organisation des activités ludiques dans l’enseignement-apprentissage du français et la motivation des étudiants. Nous espérons que ce chapitre nous aidera à mieux comprendre notre problématique de recherche. 11 Chapitre 2 : CADRE THEORIQUE L’objectif de notre travail de recherche est d’identifier les causes qui provoquent les difficultés du Club francophone lors de son fonctionnement. C’est pourquoi, cette partie théorique abordera les éléments conceptuels qui pourraient nous aider à mieux comprendre notre problématique. Dans ce chapitre, nous présenterons les définitions, la typologie et les critères d’une activité ludique dans la classe. Nous présenterons ensuite la méthode d’organisation d’une activité en classe de langue. Nous terminerons enfin cette partie théorique par la motivation des étudiants. 2.1. ACTIVITE LUDIQUE 2.1.1. Définitions de l’activité ludique En latin, le jeu est désigné par le terme ludi, qui a donné “ludique” en français tandis que le terme « jeu » vient du mot latin jocus qui signifie la plaisanterie ou le badinage. D’après Gilles Brougère (2005), le jeu et l’activité ludique ont une relation sémantique importante. Afin d’appréhender cette relation, nous chercherons à comprendre la définition de ces deux termes. Étudiant la notion du jeu, nous avons trouvé une définition suivante dans le Petit Robert (2013) : « […] une activité ludique organisée par un système de règles définissant un succès et un échec, un gain et une perte » (ReyDebove J. & Rey A., 2013 : 1389). 12 S’agissant de l’activité ludique, le Petit Robert (2013) a expliqué que l’adjectif ludique désigne ce qui est « relatif au jeu » (Rey-Debove J.& Rey A., 2013 : 1470). D’un autre côté, le Dictionnaire du français langue étrangère et seconde (2003) a défini : « Une activité d’apprentissage dite ludique est guidée par des règles de jeu et pratiquée pour le plaisir qu’elle procure » (Cuq J-P., 2003 : 160). Selon les définitions susmentionnées, nous trouvons que dans une certaine mesure, le jeu et l’activité ludique possèdent un même sens. Ils respectent un système de règles plus ou moins rigoureux et ont pour objectif d’apporter les moments relax aux participants. Dans cet esprit, Gilles Brougère (1995) a conclu en ces termes : « Le jeu est ce que le vocabulaire savant appelle "activité ludique"» (Brougère G., 1995 : 13). 2.1.2. Notions de l’activité ludique dans l’enseignement/apprentissage Selon Nicole de Grandmont (1997), les activités ludiques portent une double valeur : la distraction et la didactique. En effet, une activité ludique est considérée comme un jeu ludique, un jeu éducatif et un jeu pédagogique. - Les jeux ludiques : un jeu ludique est une activité libre, gratuite et née de l’étincelle du moment. Les jeux ludiques font appel à la pensée divergente (solutions multiples et personnelles). Ils apportent une distraction et créent une plaisanterie chez les joueurs. - Les jeux éducatifs : ceux-ci sont des jeux visant à transmettre certaines compétences ou connaissances au joueur. Ils lui permettent d’évaluer ses savoirs acquis, d’assimiler de nouvelles connaissances et aussi de créer un climat de plaisir (Grandmont N., 1997 : 66). - Les jeux pédagogiques : les jeux pédagogiques désignent les activités pseudo-ludiques exercées avec une finalité éducatrice avouée. C’est13 à-dire, celles-ci sont créées par les enseignants en fonction de leurs besoins dans les classes. Elles renforcent les compétences d’apprentissage des étudiants. En conclusion, une activité ludique est appelée soit un jeu ludique soit un jeu éducatif soit un jeu pédagogique. Selon chaque contexte, on la définit comme telle ou telle sorte de jeu. Pour avoir une vue plus précise sur l’activité ludique en classe, nous étudierons ensuite ses caractéristiques. 2.1.3. Caractéristiques de l’activité ludique en classe Gilles Brougère (2010), dans son ouvrage Jeu et apprentissage : quelles relations ?, a proposé cinq caractéristiques suivantes du jeu : le second degré, la décision, la règle, la frivolité et l’incertitude. Pour élucider ces caractéristiques, nous reprenons ci-dessous les explications de cet auteur (pp.44-45). - Le second degré : les jeux du second degré sont les activités fictions, les faire-semblants ou la simulation. Ils ne provoquent pas de gain ou de perte (au premier degré) mais peuvent être considérés comme les jeux scolaires. Effectivement, grâce à cette caractéristique, les jeux apportent aux joueurs de nouvelles connaissances à travers les activités proposées par d’autres participants. Prenons un exemple : s’agissant d’un jeu phonétique, les étudiants devraient imiter la voie de l’enseignant ou celle des natifs enregistrée dans les dialogues témoins. A travers ce jeu, ils peuvent améliorer leur prononciation. - La décision : « le jeu est profondément structuré par la décision : décision de jouer, peut-être, mais décision de continuer à jouer ou, plutôt, il convient de dire que le jeu n’est qu’une succession de décisions » (Brougère G., 2010 : 44). En effet, un jeu s’établit s’il y a un besoin des joueurs. Les règles du jeu peuvent être changées par les joueurs et ne subirent aucune pression extérieure, ce qui permet de créer aux joueurs un esprit agréable et de les inciter à participer aux jeux. En outre, la décision ne comporte pas 14 toujours la liberté car dans certains cas, les joueurs sont obligés à jouer par les organisateurs. - La frivolité : la frivolité désigne les effets provoqués par le second degré et la décision. La décision et la simulation construisent des situations frivoles pour les joueurs en diminuant les conséquences telles que le gain ou la perte de l’activité. - La règle : les joueurs sont des décideurs d’un jeu, car ils peuvent changer la règle du jeu lors de leur participation. Pour les activités ludiques pédagogiques, ce changement permet aux participants de développer la capacité d’imagination et même un esprit créatif dans leurs études. - L’incertitude : On ne peut pas prévoir ce qui se passera au cours du jeu, par exemple : la participation active ou passive de la part des joueurs, les réponses attendues, la réussite du jeu, etc. Parmi les cinq caractéristiques de G. Brougère, d’après nous, le second degré et la décision sont dominants, car les trois caractéristiques qui restent sont effectivement les effets de ces dernières. 2.1.4. Types d’activité ludique dans l’enseignement/apprentissage de langue Selon H. Le Roy (1996), il y a les types d’activités suivantes : - Les jeux de présentation : les joueurs utilisent la langue pour se présenter ou présenter quelqu’un. - Les jeux de vocabulaire et/ou grammaire : les joueurs doivent mobiliser le vocabulaire et la grammaire afin de trouver les mots ou les phrases correctes selon les consignes du jeu. Ces jeux donnent aux étudiants l’occasion pour apprendre de nouveaux mots et aussi de nouvelles structures grammaticales. Ex : le puzzle de texte, le mot tabou, comment est ta voiture, le futur d’un objet, les charades, les mots mystères… 15 - Les jeux écrits : les joueurs rédigent ou reformulent un texte selon la consigne du jeu. Ces jeux sont considérés comme un bon outil pour développer l’imagination et la production écrite des étudiants. Ex : La disparition, S +7… - Les jeux des petits papiers : les animateurs doivent préparer les petits papiers ayant des dessins ou des mots. Le rôle des joueurs est d’essayer de deviner les mots ou imaginer une histoire à partir des dessins ou mots donnés. Ex : Le jeu d’épicerie, les dessins, le rébus… - Les jeux de dextérité linguistiques : les joueurs utilisent son vocabulaire pour décrire un objet ou exprimer une pensée. Ces jeux exigent des participants un niveau de langue avancé. Ex : Le carabistouille, les mots de Tête… - Les jeux de révision : ces jeux ont pour objectif de systématiser et consolider les connaissances acquises des joueurs. Ils doivent alors avoir de bonnes connaissances générales. Ex : Le sékoidon, le remue – méninges, le quizz… - Les dramatisations, jeux de rôles et de simulation : les joueurs peuvent jouer les scènes qui représentent les situations au quotidien pour pratiquer l’oral. A travers ces activités, ils peuvent également apprendre les règles de politesse et la culture française. 2.1.5. Critères d’une activité ludique efficace dans l’enseignement/ apprentissage de la langue L’objectif essentiel d’un club d’apprentissage est, à travers les activités ludiques, de renforcer les activités de formation des apprenants. C’est pourquoi, une activité dite efficace devrait avoir deux éléments indispensables : l’attirance et les supports. 16 En effet, lorsque les étudiants sont attirés par une telle activité, ils deviennent plus actifs et y participent fréquemment. Les supports que les activités du Club apportent aux étudiants sont des supports d’études. Ce sont des connaissances de la langue, des expériences retirées au cours des activités d’apprentissage, etc. qui peuvent aider les étudiants à améliorer leurs compétences linguistiques. En outre, étudiant les conseils de Haydée Silva (2005) recueillis d’un entretien sur http://www.francparler.org, nous constatons également d’autres critères suivants : - Le jeu est égal au plaisir, même le plaisir esthétique. H. Silva conçoit : « Le plaisir esthétique d’un joli support, ajouté au plaisir sensuel de le manipuler, ne gâte rien, et permet de marquer l’activité d’une empreinte affective » (Silva H., 2005 : 4). Les étudiants se souviendront d’autant mieux d’une règle de grammaire, d’une structure langagière, d’un nouveau mot grâce à l’impression du plaisir esthétique qu’ils ont aperçue. - Le désir et la curiosité sont également des facteurs importants qui attirent les étudiants dans une activité. Alors, une activité ludique efficace devrait éveiller la curiosité des participants. En conclusion, à côté des caractéristiques fondamentales, les activités ludiques devraient répondre au plaisir esthétique et éveiller la curiosité des participants. 2.2. METHODE D’ORGANISATION Concernant l’organisation des activités ludiques, François Weiss (2002) a abordé les mots d’interrogation quoi ? comment ? où ? et quand ? 17 Ceux-ci sont des mots fondamentaux permettant de créer une activité ludique efficace. 2.2.1. Quoi ? D’abord, les organisateurs devraient appréhender les objectifs des activités ludiques. Puis, en fonction de ces objectifs, ils déterminent le niveau, les connaissances linguistiques, et les savoir-faire que possèdent les participants. Cette opération leur permet de proposer un jeu approprié à leur public. 2.2.2. Comment ? Il nous faut préciser dès le début le type de jeu : individuel ou collectif. En fonction de chaque type, nous formulerons les consignes et préparerons les équipements adéquats. 2.2.3. Où ? Pour bien organiser une activité, Christophe Lavignasse (2013) s’intéresse également à l’espace. Il explique : « Une salle de classe n’est pas une aire de jeu» (Lavignasse C., 2013 : 17). D’après l’auteur, une salle de classe n’est pas un lieu idéal pour organiser un jeu à cause des contraintes. Une activité devrait se tenir dans un lieu agréable. Cependant, dans certains cas, on pourrait également ranger les tables en carré ou en « U », etc. en vue d’apporter un petit changement de l’espace de travail des étudiants. 2.2.4. Quand ? La durée du jeu dépend de plusieurs éléments, dont les personnes et les conditions concrètes. En effet, un jeu qui dure longtemps risque l’ennui des participants. 18 Hormis les mots d’interrogation révélés par F. Weiss (2002), d’après nous, le mot qui ? est aussi important, car il détermine les personnes concernées. 2.2.5. Qui ? À côté des conditions principales pour organisation une activité, il ne nous faut pas oublier le rôle des animateurs et des participants. Les organisateurs devraient savoir à quel moment ils mènent un jeu. De plus, quand on propose un jeu assez nouveau, dont la règle est parfois difficile à comprendre, on devrait alors donner suffisamment des explications précises et claires. D’autre part, les participants contribuent énormément à la réussite du jeu. S’ils sont motivés, ils auront des comportements positifs lors de leur participation. 2.3. IMPORTANCE DE LA MOTIVATION DES ETUDIANTS La motivation joue un rôle important lorsqu’on participe à une activité. C’est pourquoi, nous étudierons les notions de la motivation des étudiants. Nous aborderons les définitions de la motivation, nous présenterons ensuite ses catégories et enfin l’importance de la motivation affectant les comportements des étudiants. 2.3.1. Définition D’après Paul Pintrich et Dale Schunk (2002), la motivation s’entend comme « un processus qui suscite une action dirigée vers un but » (Pintrich P. & Schunk D., 2002 : 5). En outre, Robert Vallerand et Edgar Thill (1993) la définissent comme un « construit hypothétique utilisé afin de décrire les forces internes et/ou externes produisant le déclenchement, la direction, l’intensité et la persistance du comportement » (Vallerand R. & Thill E., 1993 : 18). 19
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